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Arrêt maladie sans prévoyance — ce que la Sécu vous verse vraiment, et comment le calculer

Un guide libre !, complet et gratuit. Aucune inscription demandée, libre de diffusion entre collègues.

Écrit par Yvan. On découvre en général ce chiffre le jour où l'on en a besoin. Ce guide sert à le connaître avant.

La réponse d'abord

  • Sans prévoyance, en arrêt maladie, vous touchez les indemnités journalières (IJ) de l'Assurance Maladie. Rien d'autre.
  • Elles commencent au 4e jour d'arrêt. Les 3 premiers jours ne sont pas payés.
  • Par jour d'arrêt, week-end compris, elles valent à peu près votre chiffre d'affaires annuel moyen divisé par 1 106. Avec 35 000 € de chiffre d'affaires par an : environ 31,64 € brut par jour.
  • Sur un mois d'arrêt, cela fait un peu moins de 30 % de ce que vous facturez en un mois. Et votre voiture, elle, continue de coûter.
  • Il faut un an d'activité au moins, et un chiffre d'affaires moyen d'au moins 6 942 € par an. En dessous : rien.

Pour qui ce guide est juste

Il vise le cas le plus courant chez nous : l'enseignant de la conduite (moniteur) micro-entrepreneur, qui enseigne seul, déclaré en BNC et rattaché à la Sécurité sociale des indépendants. C'est le cas si vous cotisez à l'Urssaf sur votre chiffre d'affaires, au taux des activités libérales.

  • Si vous êtes en société (EURL, SASU), le calcul part de ce que vous vous versez, pas du chiffre d'affaires : ce guide ne s'applique pas tel quel.
  • Si vous relevez d'une caisse de professions libérales (Cipav), les règles sont proches mais pas identiques : plafond plus haut, et 87 jours indemnisés au plus pour un même arrêt.
  • Si vous êtes aussi salarié à côté, vos droits de salarié s'ajoutent : demandez à votre caisse, c'est du cas par cas.

Les trois conditions pour toucher quelque chose

  1. Être affilié depuis au moins 12 mois, sans interruption, à la date de l'arrêt. La première année d'activité, il n'y a aucune indemnité.
  2. Avoir un revenu moyen suffisant. Le seuil 2026 est de 4 582 € de revenu par an, en moyenne sur trois ans. Pour un micro-entrepreneur en BNC, cela correspond à 6 942 € de chiffre d'affaires par an. En dessous, l'indemnité est de zéro.
  3. Être arrêté par un médecin, et arrêter vraiment de travailler. Pas une leçon, même une seule, pendant l'arrêt.

Le calcul, pas à pas

  1. Prenez votre chiffre d'affaires déclaré à l'Urssaf pour chacune des trois années civiles qui précèdent l'arrêt. Pour un arrêt en 2026 : 2023, 2024 et 2025.
  2. Retirez l'abattement de 34 % : l'Assurance Maladie retient 66 % de votre chiffre d'affaires. C'est votre revenu, au sens de la Sécu.
  3. Faites la moyenne des trois années.
  4. Divisez par 730. C'est votre indemnité brute, par jour d'arrêt.
  5. Retirez 6,7 % (CSG et CRDS) pour obtenir le net versé.

Le résultat est plafonné à 65,84 € brut par jour en 2026. On atteint ce plafond à partir d'environ 72 800 € de chiffre d'affaires moyen : très peu d'entre nous.

  • Moins de trois ans d'activité ? La moyenne se fait sur la période réellement travaillée, ramenée à une année. Une première année faible pèse donc lourd.
  • Seul compte ce qui est déclaré. Une recette oubliée dans une déclaration Urssaf n'existe pas pour le calcul.

Ce que ça donne, en vrai

Un arrêt de 30 jours : 3 jours de carence, donc 27 jours payés.

Chiffre d'affaires moyen par anPar jour, brut30 jours d'arrêt, netFacturé d'habitude en un mois
15 000 €13,56 €342 €1 250 €
25 000 €22,60 €569 €2 083 €
35 000 €31,64 €797 €2 917 €
50 000 €45,21 €1 139 €4 167 €

La dernière colonne est un chiffre d'affaires, avant cotisations et avant frais : on ne compare pas deux choses identiques. Mais c'est ce qui entre d'habitude, et c'est ce qui s'arrête le jour de l'arrêt.

Ce que la Sécu ne couvre pas

  • Les trois premiers jours. À chaque nouvel arrêt. Un arrêt de trois jours ou moins ne rapporte donc rien.
  • L'accident en leçon. Un indépendant n'a pas d'assurance « accident du travail ». Un accident pendant une leçon, ou en allant à un rendez-vous d'examen, est indemnisé comme une maladie : mêmes IJ, mêmes trois jours de carence. L'assurance volontaire accident du travail de la Sécu ne change rien à ça : elle ne verse pas d'IJ.
  • Vos frais fixes. Location ou crédit du véhicule, assurance, téléphone, logiciel : rien ne s'arrête avec vous.
  • Au-delà du plafond, et au-dessous du seuil : voir plus haut.

Combien de temps

  • Hors affection de longue durée : 360 jours d'IJ au plus sur trois ans.
  • Affection de longue durée (ALD) : jusqu'à trois ans pour la même maladie.
  • Le mi-temps thérapeutique existe aussi pour les indépendants : une reprise partielle, sur prescription, avec des IJ qui complètent.

Le jour de l'arrêt : les bons gestes, dans l'ordre

  1. Faites partir l'arrêt dans les 48 heures. Le plus souvent, le médecin le transmet lui-même en ligne. S'il vous donne un papier, c'est à vous d'envoyer les volets 1 et 2 à votre CPAM dans les 48 heures.
  2. Arrêtez toute activité. Prévenez vos élèves, la plateforme ou l'auto-école, et retirez vos disponibilités. Travailler pendant l'arrêt fait perdre les indemnités, et peut obliger à les rembourser.
  1. Respectez les heures de présence. Sauf mention contraire du médecin : chez vous de 9 h à 11 h et de 14 h à 16 h, week-ends et jours fériés compris.
  2. Continuez vos déclarations Urssaf. Déclarez le chiffre d'affaires réellement encaissé, zéro s'il le faut. Les IJ ne sont pas du chiffre d'affaires : ne les déclarez pas comme tel.
  3. Attendez-vous à une durée courte sur le papier. Depuis le 1er septembre 2026, un premier arrêt est prescrit pour 31 jours au plus, chaque prolongation pour 62 jours au plus, sauf si le médecin le justifie. En téléconsultation, c'est 3 jours au plus. Pensez à faire prolonger avant la fin de l'arrêt en cours.
  4. Les IJ tombent en moyenne tous les 14 jours. Le premier versement peut prendre plus longtemps : prévoyez de quoi tenir.

Avant l'arrêt : ce qui se prépare un jour où tout va bien

  • Calculez votre chiffre maintenant, avec le pas à pas ci-dessus. Cinq minutes, et vous savez sur quoi vous comptez.
  • Mettez de côté de quoi couvrir un mois. Au minimum la carence et vos frais fixes, puisque les IJ ne les paient pas.
  • Déclarez tout ce que vous encaissez, à chaque échéance. Chaque euro déclaré compte deux fois : pour votre retraite, et pour vos IJ.
  • Si le chiffre vous paraît trop bas, c'est le rôle d'une prévoyance, avec une garantie « arrêt de travail » (ou « incapacité »). ⚠️ Une mutuelle santé ne suffit pas : elle rembourse vos soins, pas votre revenu. Mutuelles, assureurs et banques proposent les deux, ce sont deux contrats différents.
  • Elle ne se souscrit pas une fois malade : questionnaire de santé, délai d'attente, exclusions. Elle se regarde tant que tout va bien, et se compare sur trois points : le montant par jour, la franchise (le nombre de jours non payés), et ce qui est exclu ou limité. Regardez en particulier le dos, souvent limité sauf hospitalisation : pour un métier assis toute la journée, ce n'est pas un détail.
  • Deux options qui changent tout. L'indemnité forfaitaire : un montant fixe, choisi à la signature, versé quel que soit votre chiffre d'affaires du moment. L'indemnité indemnitaire, elle, part de vos revenus au moment de l'arrêt, moins ce que verse la Sécu. Avec un chiffre d'affaires qui varie, le forfaitaire est plus prévisible. Et la garantie « frais généraux » : elle paie vos charges fixes pendant l'arrêt (véhicule, assurances, loyer), celles que les IJ ne couvrent pas.
  • Relisez l'assurance de votre crédit auto. Si elle comprend une garantie « incapacité temporaire » (ITT), elle peut payer les mensualités pendant l'arrêt. Souvent à partir du 91e jour, et dans une limite fixée par le contrat.
  • Ce qui ne joue pas pour une maladie : l'allocation chômage des indépendants (ATI), réservée à l'arrêt définitif de l'activité, et l'assurance perte d'exploitation, qui suit un dommage matériel.

Sources, vérifiées le 30 septembre 2026 : ameli.fr, « Arrêt de travail pour maladie : les indemnités journalières de l'artisan/commerçant » (micro-entrepreneurs et libéraux non réglementés rattachés à la Sécurité sociale des indépendants ; mise à jour du 1er septembre 2026 — seuil de 4 582 €, plafond de 48 060 €, IJ maximale de 65,84 €, abattement de 34 % en BNC, CSG et CRDS) ; ameli.fr, « Arrêt maladie : les démarches du travailleur indépendant » (48 heures, heures de présence, téléconsultation) ; ameli.fr, « Arrêts de travail pour maladie : ce qui change au 1er septembre 2026 » (31 et 62 jours) ; code de la sécurité sociale, art. D622-1 (12 mois d'affiliation), D622-3 (accident survenu pendant l'activité indépendante), D622-7 (1/730e, trois années civiles, premières années d'activité), D622-8 (seuil de 10 %), D622-10 (temps partiel thérapeutique) ; ameli.fr, assurance volontaire individuelle accident du travail (pas d'IJ) ; Assurance Maladie, réponse d'expert du 30 mai 2023 (360 IJ sur trois ans, trois ans en ALD) ; Alptis, « Prévoyance TNS : comment sont versées les indemnisations ? » (forfaitaire, indemnitaire) ; AG2R La Mondiale, assurance frais généraux des travailleurs non salariés ; documents d'information d'assurance emprunteur de crédit à la consommation (ITT, prise en charge à partir du 91e jour selon les contrats) ; Unédic, allocation des travailleurs indépendants.

libre ! — l'app des enseignants de la conduite indépendants. Ce guide est libre de diffusion entre collègues.

— Yvan

Sujets : Les coups durs

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