libre !
Les fonctions Votre métier Les guides Pourquoi libre ! La démonstration Rejoindre Connexion

Guide libre !

Le plafond de la micro-entreprise — 83 600 €, et ce qui se passe au-delà

Un guide libre !, complet et gratuit. Aucune inscription demandée, libre de diffusion entre collègues.

Écrit par Yvan. Une grosse année ne fait pas perdre la micro-entreprise. Deux de suite, si. Ce guide sert à savoir où vous en êtes, avant le 1er janvier.

La réponse d'abord

  • En 2026, le plafond d'une activité libérale (BNC) comme la nôtre est de 83 600 € de chiffre d'affaires hors taxes, encaissé dans l'année civile. Le même chiffre vaut pour 2027 et 2028.
  • Une année au-dessus : rien ne change. Vous restez micro-entrepreneur l'année suivante.
  • Deux années civiles de suite au-dessus : vous sortez du régime le 1er janvier de l'année qui suit. Impôt sur le bénéfice réel, cotisations sur le revenu, comptabilité plus lourde.
  • La TVA est une autre affaire, avec ses propres seuils, bien plus bas : 37 500 € et 41 250 € en 2026. Elle a son guide, « Franchir le seuil de TVA ».
  • L'année où vous démarrez, le plafond est réduit au prorata des jours d'activité.

Pour qui ce guide est juste

Il vise l'enseignant de la conduite (moniteur) micro-entrepreneur, déclaré en BNC (prestations de services, profession libérale non réglementée).

Si vous avez aussi une activité de vente, vous êtes en activité mixte : deux seuils à respecter, 203 100 € au total et 83 600 € pour la partie services. Ce guide ne détaille pas ce cas.

Le seuil, compté comme l'administration le compte

  • Encaissé, pas facturé. C'est l'argent reçu dans l'année civile qui compte. Une facture de décembre payée en janvier compte pour l'année où elle est payée.
  • Hors taxes. Si vous facturez déjà la TVA, c'est le montant HT qui se compare aux 83 600 €.
  • Toutes vos sources ensemble. Plateformes, auto-écoles, tout s'additionne : le seuil porte sur le chiffre d'affaires de l'entreprise, pas client par client.
  • La première année est proratisée. Le calcul : 83 600 € × jours d'activité ÷ 365. Pour un début le 1er mars 2026, 306 jours : le seuil de 2026 est de 70 087 €.
  • L'année de création et la suivante, le régime s'applique de plein droit. La vérification commence pour la troisième année, sur les deux premières.

Une année au-dessus, deux années au-dessus

La règle : pour rester au régime une année, il suffit que l'une des deux années précédentes soit sous le plafond.

Chiffre d'affaires 2025Chiffre d'affaires 2026En 2027
79 000 €88 000 €micro-entreprise (une seule année au-dessus)
88 000 €79 000 €micro-entreprise (2026 repasse dessous)
88 000 €86 000 €régime réel au 1er janvier 2027

Si vous êtes dans la troisième ligne, la sortie est dans moins de trois mois. L'Urssaf l'écrit ainsi : le statut s'applique jusqu'au 31 décembre de la deuxième année de dépassement, puis vous passez au régime classique des travailleurs indépendants.

Ce qui change le jour de la sortie

Votre impôt

  • Vous passez au régime de la déclaration contrôlée, le régime réel des BNC.
  • Vous êtes imposé sur votre bénéfice réel : recettes encaissées moins dépenses professionnelles payées. L'abattement forfaitaire de 34 % disparaît.
  • Chaque année, une déclaration n° 2035 est télétransmise, et son résultat reporté sur votre déclaration de revenus (n° 2042-C-PRO).
  • Le versement libératoire s'arrête de fait, si vous l'aviez.

Vos cotisations

  • Fini le pourcentage du chiffre d'affaires, déclaré au mois ou au trimestre. Vos cotisations sont calculées sur votre revenu professionnel, déclaré une fois par an.
  • Elles deviennent provisionnelles : vous payez des acomptes, puis une régularisation quand le revenu réel est connu.

Votre comptabilité

  • Un livre-journal des recettes encaissées et des dépenses payées, tenu au jour le jour.
  • Un registre des immobilisations, avec les amortissements.

Ce qui ne change pas

  • Votre statut juridique : vous restez entrepreneur individuel. Rien ne vous oblige à créer une société.
  • Votre TVA : elle suit ses propres seuils, sans lien avec la sortie du régime micro.

Ce n'est pas forcément une mauvaise nouvelle

En micro, vos frais réels ne se déduisent jamais : l'abattement de 34 % est le même, que votre voiture vous coûte peu ou beaucoup. Au réel, ce sont vos dépenses professionnelles payées qui se déduisent de vos recettes.

Pour un métier où la voiture est le plus gros poste, le réel peut être plus favorable, ou moins. Ça dépend de vos chiffres. C'est un calcul à faire une fois, avec un expert-comptable, avant le 1er janvier.

Ce qu'on fait maintenant, dans l'ordre

  1. Relevez votre chiffre d'affaires encaissé de 2025, hors taxes : c'est le total de vos déclarations Urssaf de l'année.
  2. Faites le cumul 2026 au jour d'aujourd'hui, et projetez la fin d'année au rythme des derniers mois.
  1. 2025 au-dessus, 2026 en route pour l'être ? Prenez rendez-vous avec un expert-comptable maintenant. Le livre-journal doit commencer le 1er janvier, pas en avril.
  2. Une seule année au-dessus ? Rien ne bouge l'an prochain. Mais l'année suivante devient décisive : surveillez-la dès janvier.
  3. Vous voulez passer au réel sans attendre ? C'est possible, sur option écrite adressée au service des impôts des entreprises. Le régime micro-social cesse alors aussi.

⚠️ Les pièges

  • Confondre les deux seuils. 83 600 € est le plafond du régime micro. 37 500 € et 41 250 € sont ceux de la TVA. On peut perdre la franchise de TVA et rester micro-entrepreneur.
  • Compter le facturé. Le seuil se compare à l'encaissé. Un gros retard de paiement en décembre déplace du chiffre d'affaires d'une année sur l'autre.
  • Oublier le prorata. L'année de démarrage, le seuil est plus bas que 83 600 €.
  • Compter TTC. Une fois la TVA facturée, c'est le HT qui compte.
  • Attendre un courrier. La sortie est automatique. Préparez-la dès que vous voyez venir la deuxième année.

Sources, vérifiées le 6 octobre 2026 : entreprendre.service-public.gouv.fr, « Quelles conséquences pour un micro-entrepreneur qui dépasse les seuils de chiffre d'affaires ? » (vérifié le 21 février 2026 : 83 600 € en 2026, chiffre d'affaires encaissé, sortie au 1er janvier après deux années consécutives, prorata de la première année, conséquences sociales, fiscales et comptables) · entreprendre.service-public.gouv.fr, « Régime fiscal de la micro-entreprise » (vérifié le 13 mai 2026 : seuils de l'activité mixte, déclaration contrôlée, option pour le réel et fin du micro-social, sortie du versement libératoire, charges réelles non déduites en micro) · impots.gouv.fr, « En tant que micro-entrepreneur, sous quelles conditions puis-je opter pour le versement libératoire ? » (seuils révisés pour 2026, 2027 et 2028) et « Pour rester micro-entrepreneur… » (sans incidence sur le statut juridique ; seuils de TVA de 37 500 € et 41 250 €) · impots.gouv.fr, « En tant que micro-entrepreneur, ai-je toujours intérêt à opter pour le versement libératoire ? » (abattement de 34 % en BNC) · impots.gouv.fr, livret fiscal du créateur d'entreprise, BNC (livre-journal, registre des immobilisations, déclaration n° 2035 et report sur la n° 2042-C-PRO) · autoentrepreneur.urssaf.fr, « L'essentiel du statut » (prorata : exemple du 1er mars 2026, 70 087 € ; régime classique, cotisations provisionnelles et régularisées) et questions fréquentes (statut jusqu'au 31 décembre de la deuxième année de dépassement ; chiffre d'affaires déclaré hors taxes une fois la TVA applicable).

Ce guide n'est pas un conseil fiscal personnalisé : le passage au réel se prépare avec un expert-comptable, sur vos chiffres.

libre ! — l'app des enseignants de la conduite indépendants. Ce guide est libre de diffusion entre collègues.

— Yvan

Sujets : Les impôts et la TVA · Démarrer son activité

À lire aussi

Vous voulez l'éprouver ?

Gratuit pendant 1 mois, sans engagement. Ensuite 29,90 €/mois — environ une heure de leçon par mois. Ce qui vous bloque, dites-le : c'est ce qui fait avancer l'outil.